Les enseignants retrouvent le chemin de la grève0

Lectures (724) 23/01/2005, 19:56  |  Libération.-Marie-Joëlle-GROS  |  Etiquetes: #Mobilitzacions,

Forte mobilisation des fonctionnaires hier pour la défense du service public.

Entre 210.000 et 330.000 fonctionnaires dans les rues, cela ne s'était pas vu depuis le conflit sur les retraites. François Fillon y serait-il pour quelque chose ? A Paris, 30.000 manifestants ont scandé son nom. A Marseille, ils étaient 10.000, et 8.500 à Rennes... Rejoints par des agents de toute la fonction publique (hôpitaux, impôts, douanes, territoriaux, etc.), les enseignants ont largement nourri les rangs. «On a fini avec la gueule de bois de l'après 2003», commentait l'Unsa. «C'est du baume au coeur», estimait une responsable du Snes en Ille-et-Vilaine.

Rendez-vous. De fait, les taux d'enseignants grévistes se sont parfois envolés jusqu'au plus haut du mouvement de 2003 : dans l'académie de Toulouse, 86 % comptabilisés dans le premier degré. A Limoges, 59 %, et 57 % à Montpellier. Et à peine moins à Rennes et Rouen, Clermont-Ferrand et Orléans-Tour... En moyenne nationale, cela donne des chiffres éloquents : 43 % de grévistes dans le premier degré, 50 % dans les collèges, 40 % dans les lycées professionnels, et 44 % dans les lycées d'enseignement général et technologique. Un nouveau rendez-vous sera fixé pour février.

«On est au début de quelque chose de fort», prévient une manifestante. Les revendications communes à toute la fonction publique portent essentiellement sur les salaires et le pouvoir d'achat. Mais côté enseignants, le projet de loi de François Fillon sur l'avenir de l'école semble faire l'unanimité contre lui. «Fillon, ton socle, c'est du toc», «éducation en solde», ou encore «l'école pour tous, c'est notre idéal à nous», résument les banderoles.

«Ce qui est révoltant dans cette loi, c'est qu'elle institutionnalise les inégalités», estime une professeure de français. Mon objectif à moi, c'est de mener mes élèves le plus loin possible. Comment se contenter qu'ils sachent surtout lire, compter et cliquer ?» Des lycéens se sont mêlés au cortège : «Le bac en contrôle continu, c'est pas juste. Jusqu'à présent, tout le monde passait les mêmes épreuves.»

Les professeurs d'éducation physique et sportive (EPS) lancent des ballons, soufflent fort dans leurs sifflets, et leurs T-shirts rappellent que «le corps n'est pas une option». Pour eux aussi, le socle des fondamentaux, principale disposition du projet de loi, ne passe pas. «L'école doit permettre aux élèves de s'approprier une culture variée. Ecarter des matières, c'est renoncer à une culture commune, soutient une enseignante de Rambouillet. Fillon voudrait qu'on maintienne les élèves sagement assis sur des bancs de classe. Et quand il trouve de l'intérêt à notre matière, c'est pour vanter le respect de la règle !» Des établissements de toute la banlieue sont là. Ils ont ressorti les banderoles de 2003.


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